Le Songe d'une nuit d'été

d'après William Shakespeare

Le Cercle Brut

J'ai conçu cette mise en scène comme un Cercle Brut. Je voulais créer un espace libre qui puisse être rempli par l'imagination du spectateur, qui peut le peindre à ses couleurs et l’emplir à sa guise et selon sa propre créativité.

 

J’ai voulu offrir un spectacle captivant, accessible et jouissif, emportant petits et grands au plus près des espaces, des personnages, de l’action. Le Songe plus que tout autre texte de Shakespeare s'adresse à l'imagination du public. Je fais le pari que l’absence de décors, les lumières et costumes réduits à leur plus simple expression permettent de la solliciter davantage, sans imposer une représentation préfabriquée.

 

Notre cercle est formé par le public, il crée une sphère mobile qui enveloppe acteurs et spectateurs dans un même mouvement, les mettent au même niveau, enlacés par une lumière commune. Le public et la représentation se partagent un même espace, un même monde.

Le Songe d’une nuit d’été est conçu comme une promenade à travers des univers qui s’opposent, se relient, se répondent, où l’ordinaire rejoint le féerique, où les volontés des puissants se heurtent aux passions des naïfs et aux illusions des amoureux.

Fine exploration de ce qui anime et agite les humains, c’est un théorème sur l’amour, la vanité et l’absence de sens de la vie des hommes qui se poursuivent, s’affolent, se désirent et s’aiment, ballottés par les vagues aléatoires de la dérision et du hasard.

Le Songe vu par un spectateur

Le public est installé en cercle, percé de quatre issues, à l’intérieur duquel le dispositif théâtral prend corps. Les comédiens entrent, remplissent l’espace, sortent et font le tour de la terre avant de revenir en un autre personnage. La force du cercle, c’est que le spectateur n’en est jamais mis à l’écart. Il l’emporte dans un tourbillon, le cercle est un manège, un jeu d’enfants et de fées, qui nous entraîne dans une rêverie, on virevolte, on danse, on rit, on s’ouvre le cœur, on s’allège. On se sent proche d’eux. Ces gens-là font du théâtre de proximité, et ils le font bien.

Tout est à découvert, tout est à vue : l’apparition des personnages, les changements de costumes, le décalage entre les rôles. L’illusion n’en est que plus renforcée, l’amusement aussi. On se sent complices, privilégiés, comme si un inconnu ouvrait soudain pour nous le rideau d’une grande fête, à laquelle nous n’étions pas conviés, un doigt sur les lèvres, le regard malicieux, nous chuchotant que si, nous pouvions rentrer.

Marien Guillé

Adaptation et mise en scène : Niccolò Scognamiglio

Jeu :  Philippe Araud, Margaux Borel, Yann Capron,

           Olivier Corcolle, Axelle Rohmer

Traduction : André Markowicz et Françoise Morvan

Scénographie et costumes : Julia Luci et Clarisse Delile