Un monologue d'Alessandro Baricco

un spectacle de Betty Krestinsky avec Niccolo' Scognamiglio

Prochaines représentations:  

 

 samedi 28 Novembre 2020 - Puyloubier

salle des Vertus (chemin des Vertus) - 18h

 

 samedi 23 Janvier 2021 - Charleval 

à l'occasion de "La Nuit de la lecture 2021" 

Médiathèque de Charleval - 20h30

 

 samedi 30 Janvier 2021 - Saint Cannat

salle Yves Montand - 20h

L' histoire

Novecento : pianiste est un célèbre monologue d'Alessandro Baricco.

 

C'est l'histoire de Danny Boodman T.D. Lemon Novecento, un pianiste extraordinaire qui vécut sur la mer. Il était né sur le Virginian, un paquebot de luxe qui parcourait l’océan Atlantique pendant l'entre-deux guerres. A bord, se trouvaient de riches hommes d'affaires, des émigrants ou de simples voyageurs espérant faire fortune en Amérique.

 

« Ses parents l’avaient laissé sur le piano à queue dans la salle de bal des premières classes. Ils s’étaient fait le raisonnement : « Si on le laisse sur le piano à queue, dans la salle de bal des premières, peut-être qu’un rupin va le prendre, et qu’il sera heureux toute sa vie… »C’était un bon plan qui marcha à moitié. Rupin, il ne le fut pas. Mais pianiste, oui. Et le plus grand, je le jure, le plus grand. »

 

C'est comme ça que commence l'incroyable aventure du « plus grand pianiste qui n’ait jamais joué sur l'océan ». Un homme qui découvrait le monde à travers les yeux des voyageurs qui l'entouraient et le transformait en musique.

Son histoire nous est racontée par Tim Tooney, le meilleur ami de Novecento. Ce trompettiste nous offre ce récit, fait d'amitié, de jazz et du vertige de vivre. C'est une manière pour lui de résister au désespoir et à l'horreur de la guerre. Il s'accroche à ses souvenirs, parce que « tu n’es pas vraiment fichu, tant qu’il te reste une bonne histoire, et quelqu’un à qui la raconter. »

Novecento : pianiste  est un texte d'une puissante actualité. Les thématiques abordées telles que les migrations et la douleur de quitter sa terre, font de ce récit une fresque philosophique ancrée dans les problématiques actuelles. Encore une fois le théâtre nous interroge sur le présent, cela est sa force, son unicité.

 

Le récit de cet éternel gamin, qui ne se décide pas à quitter son bateau, est la métaphore de ce qui hante les hommes : la peur de l'inconnu. Autour de ce thème, Alessandro Baricco compose la trajectoire de ce pianiste balloté sur les vagues de l'océan, symbole de l'inquiétude de s'égarer dans une vie sans (re)pères. 

 

Ce récit nous permet de repenser la condition humaine. Il nous parle de la sensation d'être inadéquat à vivre dans ce monde trop grand pour nous. Les choix de Novecento, ce pianiste enfermé au cœur de son paquebot, nous questionnent et nous bouleversent. Mais finalement cet homme, avec ce nom trop compliqué à porter, nous offre avec simplicité et douceur sa solution à cette réflexion abyssale : la poésie.

La naissance du spectacle

Ce spectacle est le fruit d'une amitié. Une amitié étrange et rare comme celle qui fut la mienne avec Betty Krestinsky.

 

Arrivé à Marseille, j'ai commencé à donner des cours de langue italienne, comme on dit, un travail alimentaire. Parmi les élèves, il y en avait une qui allait bientôt devenir mon amie, ma metteuse en scène et ma troisième grand-mère, comme elle aimait se définir. Ce qui nous a tout de suite unis a été la passion pour le théâtre, pour la narration et pour Novecento : pianiste. Je connaissais bien-sûr ce texte écrit en 1994, je l'avais lu en italien, mais je n'avais jamais eu l'idée ou peut-être le courage de le jouer. C'est Betty Krestinsky qui, à la suite d'un cours d'italien un mardi après-midi de 2015, me proposa de l'interpréter.

Elle n’a jamais douté que ça aurait été parfait. D'ailleurs, c'est ça je crois son don : réussir à faire émerger le meilleur de chacun. Je n'ai jamais rencontré dans ma vie une autre personne avec la même patience et la même bienveillance. C'est comme ça que Novecento est né, en juin dans une cave ombragée, deux mois avant son départ.

 

Normalement, c'est à ce moment-là du texte que la biographie du metteur en scène apparaît, ce qu'il a fait et ce qu'il a envie de raconter au monde. Ici, ce ne sera pas le cas. J'ai connu Betty Krestinsky les deux dernières années de sa vie. Elle m'a raconté son Marseille, sa passion pour le théâtre, ses innombrables spectacles, des histoires, des visages, des anecdotes drôles et des aventures bizarres. Sa vie. Tout ça n'est pas écrit sur internet, tout ça je ne sais même pas si c'est vrai ou si ce ne sont que des souvenirs colorés d'une petite vieille dame. Mais peu m'importe, elle aimait raconter des histoires et, avant de partir, elle m'a laissé une histoire, celle-ci.